L’idée de rédiger cette histoire m’est venue en parcourant des notes et des documents réunis au début de ce siècle par Paul de Moulliac, le cousin germain de mon père et par mon oncle Robert de Moulliac.
J’ai complété leur travail en faisant des recherches à Angoulême et en Charente et c’est ainsi qu’entre autres, j’ai pu découvrir les raisons qui ont obligé mon trisaïeul, Jacques-Louis à abandonner les terres de ses ancêtres en 1804, et celles qui amenèrent son fils, mon bisaïeul Hercule, à la Guadeloupe. Enfin, les récits, que ma grand-mère Eugénie Duportail me faisait dans mon enfance, m’ont permis d’éclairer bien des points de l’histoire de notre famille aux Antilles …
Ma documentation sur nos lointains ancêtres Cauchois était assez sommaire. Mais j’ai eu la bonne fortune de retrouver trace de l’un d’eux dans l’histoire des débuts de la colonisation espagnole aux îles Canaries et d’un autre dans une étude assez sévère pour Christophe Colomb, écrite par un religieux Vénézuelien, le frère Nectario. J’ai pu ainsi, en faisant bien sûr quelques interpolations logiques, dégager des brumes du passé l’origine de notre famille.
Mon récit est divisé en 3 parties.
Pour la commodité, j’ai fait rédiger la première, qui va de 1350 à 1560, par notre ancêtre Jehan II Valletot, celui qui est la souche de la famille en Augoumois.
J’ai confié la seconde, qui va de 1560 à 1778, à Jérôme Valleteau, sire de Mouillac et autres lieux, le grand oncle de mon arrière grand-père Hercule. Il n’est pas un de nos ascendants directs, mais mort sans enfants survivants, il a légué ses biens à son neveu Jacques-Louis, le père d’Hercule. Il est le dernier de notre famille à avoir été inhumé dans l’église de Saint-Saturnin, paroisse de Mouillac.
J’aurais bien laissé la troisième partie à mon père Amédée, dont la plume était bien plus alerte que la mienne, mais c’eut été priver mes fils du dernier chapitre où ils commencent à tenir leur partie. Aussi, me suis-je résigné à prendre moi-même en charge la période qui va de 1778 à nos jours.
Je me suis efforcé de rendre toute cette histoire aussi attrayante que possible. D’aucuns trouveront certains passages un peu monotones : ils sont indispensables pour l’intelligence de notre saga. Il est vrai que plusieurs de nos ancêtres n’ont pas mené une vie très exaltante, mais je ne pouvais pas leur faire l’affront de les négliger.
D’autres, au contraire, ont eu une existence qui pourrait fournir matière à un romancier en quête d’inspiration.
J’espère que ceux-ci feront passer ceux-là, et que mes proches trouveront autant de plaisir à lire ces récits que j’en ai eu à les écrire.
ELVIRIA, le 18/12/1983

